Mon analyse du budget présenté par le Gouvernement

Chères Haut-Viennoises, chers Haut-Viennois,

Comme chaque automne, le Parlement étudie le budget de l’État – les impôts – et celui de la Sécurité Sociale – les cotisations sociales. Commissaire aux Finances et engagé sur le budget de la Sécurité Sociale, je souhaite analyser avec vous le budget présenté par le Gouvernement Lecornu, et en quoi l’injustice qu’il porte aurait dû conduire à sa censure. Je veux aussi réaffirmer que d’Eymoutiers à Limoges en passant par Saint-Léonard, Ambazac, Châteauneuf-la-Forêt ou Panazol, vous pouvez compter sur moi pour être entendus jusqu’à Paris !

Dette : depuis 2017, les caisses ont été vidées !

Le Président Macron a fini par le reconnaître :

« Nous n’avons pas un problème de dépenses excessives mais un problème de moindres recettes. »

En clair : si notre pays est endetté, c’est parce que depuis 2017, Macron a baissé ou supprimé les impôts des plus fortunés et des entreprises les plus rentables. Résultat : 1000 milliards d’euros de dette supplémentaires. Pendant ce temps, les très riches sont devenus encore plus riches : leur fortune a été multipliée par 14 en 30 ans. Les 500 plus grandes fortunes cumulent désormais 1128 milliards, et les dividendes du CAC 40 atteignent 100 milliards : des records. Les plus aisés ne contribuent qu’à hauteur de 27 % de leur revenu, contre 46 % pour le reste des Français. Cette injustice nous coûte 60 milliards d’euros par an. C’est cette fiscalité favorable aux plus riches qui vide les caisses publiques.

Ils veulent vous faire payer la dette !

Dans cette période de difficultés budgétaires, le bon sens voudrait qu’on demande un effort à ceux qui ont déjà beaucoup. Mais le Gouvernement fait l’inverse et fait porter la quasi-totalité de l’effort sur les Français, qui supportent déjà énormément. Les 30 milliards que veut récupérer M. Lecornu seront pris sur les plus modestes. Pour l’Hôpital, c’est le pire budget depuis des années : 20 000 postes d’infirmières ne seront pas pourvus, alors que des services ferment à Saint-Junien ou saturent à Limoges. Autre économie : la hausse du reste à charge sur les franchises médicales – en plus de subir les pénuries de médicaments, vous paierez plus cher ! Enfin, une des mesures les plus injustes : une année blanche sur les prestations sociales. Les retraites, les allocations adulte handicapé, les pensions… n’augmenteront pas, alors que les prix continuent de grimper : c’est un appauvrissement organisé. Même les apprentis, souvent sous les 1000 € par mois, seront taxés pour rembourser des aides profitant surtout aux écoles privées et aux grandes entreprises. Pendant ce temps, l’effort demandé aux plus fortunés a été réduit de moitié entre 2025 et 2026 !

Censure : alarmisme injustifié et escroquerie sur les retraites

La censure du Gouvernement a échoué à 18 voix près. Il manquait 18 députés pour bloquer ce scandaleux budget. Contrairement à ce que disent certains partisans de la non-censure, l’absence de budget ne met pas la France en cessation de paiement : celui de l’année dernière serait prolongé, sans les sacrifices mentionnés plus haut. Ceux qui prétendent le contraire sont des incompétents ou des menteurs, comme Élisabeth Borne qui affirmait que les cartes vitales seraient arrêtées en cas de censure.

Concernant la réforme des retraites, la suspension annoncée est un leurre. Alors qu’il existe une majorité dans l’Assemblée pour abroger cette réforme, le Gouvernement propose de la suspendre jusqu’à 2027, pour faire passer son horrible budget. Et encore, cette suspension n’est même pas acquise : le Gouvernement peut passer son texte sans vote – par ordonnance – où il décidera de garder ou non cette suspension. De plus, les effets de la réforme déjà passés ne sont pas annulés (retraite à 62 ans et 9 mois à ce jour).

Pour la Haute-Vienne : je porterai vos revendications pour un budget juste !

Durant 40 jours, je vais prendre toute ma part aux débats parlementaires pour que la Haute-Vienne soit largement entendue dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Je m’opposerai aux mesures qui appauvrissent les aînés, les apprentis, les travailleurs, les personnes vulnérables, et qui détruisent nos services publics.

Je serai aussi force de proposition, comme je le suis depuis 2022. Déjà, je voterai une taxe minimale sur le patrimoine des milliardaires pour qu’ils paient leur juste part d’impôt. Pour nos pompiers, je défendrai une hausse de moyens afin que le matériel nécessaire soit disponible et de même qualité, que l’on soit à Eymoutiers ou à Paris. Pour nos éleveurs, essentiels dans le Limousin, je défendrai une taxe aux frontières sur la viande importée de l’étranger. Pour nos entreprises, je proposerai que les gros payent gros et que les plus petits soient davantage soutenus. Pour que l’on soit correctement soigné à Limoges comme à Saint-Priest-Taurion ou Peyrat-le-Château, je proposerai plus de moyens pour nos soignants et des mesures pour assurer les stocks de médicaments. Je demanderai aussi davantage de crédits pour les écoles, pour que nos enfants n’aient plus si froid l’hiver ni si chaud l’été. Cette liste n’est pas exhaustive, et je compte sur vous pour me transmettre vos revendications à défendre à l’Assemblée.

La bataille n’est bien sûr pas gagnée d’avance. Macronistes et Rassemblement national sont le front de défense du système actuel, mais je mettrai toutes mes forces pour vous servir et défendre vos intérêts et ceux des générations futures.

Voici mon cap : vous défendre pour que, de la Haute-Vienne à Paris, chacun puisse vivre dignement.

Damien Maudet, votre député

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