Publication du rapport AlloSégur !
Quelle fierté de pouvoir enfin vous présenter ce magnifique travail qu’est le rapport #AlloSégur.
Merci aux personnels de santé qui ont ouvert les portes de leurs services. Surtout ceux qui ont ouvert leur cœur, parce que c’est de ça dont il s’agit. De gens dévoués, mais méprisés par un gouvernement qui ne cherche que les économies sur notre santé.
Merci aux députés mobilisés et aux collab’ qui ont retranscrit, rédigé ces 40 pages qui mettent à l’honneur nos personnels de santé.
Au moment où ils nous ont annoncé des « missions flash », des « concertations », le 24 juin dernier, nous avons décidé de lancer notre propre enquête.
Nous avons commencé par une commission d’enquête populaire, chez moi, à Limoges. Au CHU nous avons rencontré Stéphane qui s’est confié “Je passe mon temps à m’excuser. » De Chinon à Rennes, en passant par Saint-Louis à Paris, Nantes et Bourganeuf. Nous avons sillonné la France avec les collègues de la France Insoumise.
Les résultats sont accablants :
– les urgences ont bien fermé,
– 2/3 des soignants sont soumis à des risques de burnout
– 25% ont déjà eu des pensées suicidaires
– les gens ne peuvent aller voir des généralistes, il n’y en a souvent plus.
Les soignants ne restent pas.
Vos témoignages se sont enchaînés venant contredire le gouvernement. Celui d’Emma, 26 ans, soignante à Saint Louis qui nous explique les conséquences des départs incessant de ses collègues : « Au bout de trois mois, j’étais une des plus vieilles du service. » Un soignant qui souhaite rester anonyme se confie : “Des fois on fait mal. Et on a du mal à se regarder dans la glace quand on rentre le soir. On subit.” Partout, on entend les mêmes mots, à Nantes, un autre soignant nous raconte : “ »Je suis maltraitant malgré moi. Je n’en peux plus. »
Les soignants subissent, les patients aussi. Dans certains coins, certains attendent des heures sur des brancards. A Limoges, une dame de 96 ans va y passer 75 heures.
Alors que je suis à Orléans, un médecin vient me voir, il me dit “Monsieur le député, vous voulez un exemple en direct ? Ecoutez.” J’entends un souffle. “Une femme va décéder là. Elle est sur un brancard. On aurait rien pu faire pour son état de santé. Mais si nous étions plus nombreux nous aurions au moins pu la mettre dans une chambre. Qu’elle puisse nous quitter dignement, pas devant tout le monde. »
Et que fait le Gouvernement face à ce cataclysme sanitaire ? Des économies ! C’est leur chiffre contre nos vies.
Dès 2024, ils vont économiser 3 milliards sur l’hôpital, en sous-finançant le système !
Comme si le Covid n’avait pas existé, comme si les urgences n’avaient pas été fermées. La honte. Notre Constitution garantit la santé à tous et ils sont en train de la bafouer !
Nous devons créer un cercle vertueux pour l’hôpital. Actuellement, les gens partent, et ceux qui restent supportent de plus en plus. Nous devons les faire revenir et les faire rester. Cela passe par le salaire, la pénibilité, les ratios…
Mais surtout : il faut changer de cap.
Que la santé ne soit plus traitée comme un coût, mais un secteur où il y a nécessité d’investir.
Lorsque je suis né, nous avions le meilleur système de santé du monde. Battons-nous pour le retrouver.
