Alerte pénurie
Alerte pénurie : un antibiotique très courant va arriver en rupture de stock dans les prochains jours. J’attends des réponses du gouvernement sur le sujet.
Je vous explique pourquoi c’est grave ![]()
Les antibiotiques sont des médicaments contre les infections. Ils sont utilisés chez l’enfant et l’adulte, pour un grand nombre d’actes, et sont essentiels à l’hôpital. Déjà en 2017, puis pendant le Covid, les premiers signes de pénurie auraient dû alerter le gouvernement.
Quelle seraient les conséquences d’une pénurie ? On garde le faible stock pour les opérations les plus graves, et les autres doivent utiliser des alternatives, moins efficaces. Ces alternatives risquent alors à leur tour de subir une pénurie, aggravant encore la situation.
Les hôpitaux risquent de devoir reporter à plus tard des opérations programmées, afin de réduire l’utilisation des antibiotiques manquants. La maladie de ces patients, non traitée, peut alors s’aggraver, et représenter une perte de chance pour eux.
Aujourd’hui, la pédiatrie et l’hôpital en général sont dans une situation très tendue avec l’épidémie de bronchiolite pour les enfants, plus intense que les années précédentes, mais principalement du fait du manque de soignants.
La pénurie qui arrive ne va faire qu’aggraver les choses. Mais quelles sont les causes de cette pénurie ? Et comment en est-on arrivé là ?
Dans les années 90, l’Etat a laissé les laboratoires pharmaceutiques délocaliser leur production de médicaments vers des pays où le coût de la main d’œuvre était moindre. Résultat ? 80% des médicaments consommés en Europe sont produits en Inde ou en Chine.
Mais dès qu’un grain de sable se coince dans l’engrenage, toute la chaîne de production s’effondre. C’était le cas durant la crise du Covid, où les confinements et les fermetures des frontières ont interrompu la production de médicaments pourtant essentiels.
Aujourd’hui, la très forte augmentation du coût de l’énergie fait que certains industriels préfèrent fermer leur usine plutôt que de continuer à produire. Peut-on vraiment laisser les intérêts financiers guider la production de médicaments parfois vitaux ?
En 2020, même le président de Sanofi France reconnaissait sur BFMTV qu’on était allé « trop loin » dans la délocalisation. La logique financière et les intérêts des actionnaires des multinationales sont maintenant prioritaires aux enjeux de santé publique dans le pays.
Il est urgent d’inverser la logique. Tout d’abord, il faut prendre toutes les mesures qui s’imposent pour lutter contre la pénurie qui arrive. Il faut également relancer sans attendre la production des médicaments essentiels sur le territoire, car la crise risque de durer.
La France insoumise demande depuis des années la création d’un pôle public du médicament, pour que la production des médicaments stratégiques revienne sur le territoire national, gérée par un service public dédié, et libérée des intérêts financiers des actionnaires des labos pharma.
Mon collègue François Ruffin sonnait l’alerte il y a quelques jours. Observatoire Transparence Médicaments suit la situation de près, et appelle le gouvernement depuis plusieurs années à agir pour lutter contre ce risque sanitaire majeur.
Aujourd’hui, je demande au ministre de la santé François Braun par une question écrite s’il a bien pris les mesures urgentes qui s’imposent, et s’il compte enfin agir pour retrouver notre souveraineté dans le domaine.
