« Si un patient vient me voir pour une ablation de points de suture, je dois le renvoyer vers un médecin, avec consultation à 30€. Et souvent, il revient me voir après car les médecins ne font en général pas ces actes. »
Aujourd’hui, même pour les actes les plus simples relevant de leur rôle propre (toilette d’un patient, petits pansements, retrait de points de suture…), les infirmières libérales sont obligées d’avoir une ordonnance d’un médecin pour que ces actes soient reconnus, et donc remboursés par l’Assurance Maladie. Pourtant, ces mêmes actes, lorsqu’ils sont réalisés par une infirmière à l’hôpital, ne nécessitent pas d’ordonnance préalable et peuvent être effectués directement.
Cette obligation complexifie le parcours de soin pour les patients, et crée des dépenses inutiles pour la Sécurité sociale. C’est pourquoi le Parlement a voté en juin dernier la loi n°2025-581 relative à la profession d'infirmier, afin de rendre possible et facturable l’accès direct aux infirmières libérales pour les actes relevant de leur rôle propre.
Cette mesure est une mesure de bon sens. À l’heure où il est de plus en plus difficile de pouvoir consulter un médecin, et alors que le Gouvernement étudie chaque piste d’économies, elle permettrait de désengorger les files d’attente chez les généralistes pour les consultations relevant du rôle propre de l’infirmière, et par la même occasion d’économiser une partie du coût de ces consultations.
Pourtant, si le décret d’application de cette loi n’a toujours pas été publié, la première version parue dans la presse ne reprend pas l’accès direct, qui figure bien dans la loi !
Alors que la profession infirmière demande cette mesure depuis des années, qu’elle améliorerait le quotidien de beaucoup de Français, que le Parlement a voté pour, comment s’imaginer que le Gouvernement puisse décider de ne pas la mettre en application ?
Monsieur le Ministre, comptez-vous faire appliquer la loi ?