Enfants à la rue : une réalité à Limoges, aussi

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Plus de 2100 enfants ont dormi dehors en France, selon l’UNICEF. Cette rageante réalité est aussi vraie, chez nous en Haute-Vienne, et particulièrement à Limoges.

En effet, depuis plus de deux ans, chercher des hébergements pour des enfants fait presque partie de mon quotidien de parlementaire, et surtout de celui de mes équipes. Il ne se passe pas un mois, sans que des associatifs, professeurs ou simples citoyens ne nous sollicitent à ce sujet. Bien heureusement, en Haute-Vienne, des collectifs et associations sont en mouvement pour pallier les carences de l’Etat. J’y reviendrai.

Novembre 2023

Des associations, dont Les Autres – qui fait des maraudes depuis 1999 – alertent sur une situation inédite : des enfants dorment plusieurs nuits, dehors. Et lorsqu’ils appellent le 115, ces derniers n’ont pas de place.

Les enfants vont à l’école la journée, mais le soir ils dorment dans des voitures, des parcs, des garages. L’association recense jusqu’à 17 enfants qui sont dans cette situation.

Devant cette situation, j’appelle moi-même le 115. Voici la réponse : « Désolé, trois ans, ça n’est pas considéré comme bas âge. Nous n’avons pas de place. »

J’écris au Préfet, au Maire, à la Métropole, au Département, à l’ARSL (association en charge de l’hébergement d’urgence). Une demande simple : quels sont les recours possibles, les locaux disponibles, afin de régler le plus rapidement cette situation. Mais peu de réponses, et surtout aucune organisation de réunion de crise.

En coulisse, les associations comme Les Autres, Accueil Bienveillance Solidarité, Chabatz d’Entrar, mon collab Adrien bricolent pour trouver des solutions :

  • Des appels insistants pour « gratter » une nuit ou deux auprès du 115
  • Des habitants qui logent eux-mêmes quelques jours
  • Des appels aux dons sont faits

En bref, des citoyens se bagarrent pour des gamins et prennent la place de l’Etat.

« Je vais y retourner vendredi, qu’est-ce que je leur dis ? »

Côté Gouvernement, j’interroge la Ministre en charge de l’enfance, Charlotte Caubel. Mais pas de réponse, ou pas grand chose. En tout cas, aucune solution, aucun engagement de l’Etat. Elle est bien loin la promesse macroniste « Zéro enfant à la rue ».

Pire. Alors que la Gauche venait de faire adopter la création de 6000 places d’hébergement d’urgence dans le budget 2024, le Gouvernement supprime tout par 49.3.

Février 2024

Stupeur. Nous apprenons via France 3 que la Préfecture « nie avoir connaissance de mineurs dormant dans la rue à Limoges » !

Nous lui envoyons donc la liste exhaustive des situations recensées. Bien plus tard, le Préfet finira par reconnaître cette situation.

A Limoges, des dizaines de gens se démènent pour que la situation ne dure pas. Plusieurs évènements ont d’ailleurs été organisés pour alerter et récolter des fonds. Les organisations se sont rassemblées sous le nom : Collectif Aucun Enfant à la Rue.

En mai 2024, une belle fête des enfants est organisée place de la Motte. En octobre 2024, c’est carrément un concert à John Lennon et un spectacle avec des centaines de participants ! Puis, en avril 2025, Accueil Bienveillance Solidarité qui a organisé une cantine solidaire, à la caserne Marceau.

Autant d’initiatives qui permettent de pousser les acteurs à s’engager, mais aussi qui permettent concrètement de trouver des situation à court terme. Ces associations ont besoin d’aide et de moyens, aidons-les : aucunenfantalarue@gmail.com.

Et honte à ce Gouvernement qui laisse des petits dormir dehors.

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